10 ERREURS à éviter dans votre pratique musicale

La pratique musicale est une activité incroyablement gratifiante pour notre être. Il n’y a rien de plus naturel que de faire chanter son âme à travers son instrument ou sa voix.

C’est pour ça que des milliers et des milliers des gens de tous âges essaient d’apprendre la musique.

En même temps, elle demande du temps, elle nous pose les défis à surmonter, elle peut rendre désespéré, si l’on n’arrive pas à trouver la solution.

Typiquement on apprend des expériences des autres, on trouve des profs, on discute avec d’ autres musiciens. 

Et là, on peut avoir de bons conseils et de conseils moins bons.

Certaines choses fautives sont si répandues qu’elles sont considérées comme une connaissance commune et on ne se pose même pas de question. Mais elles restent quand même erronées :  

n 1. On apprend le morceau quand on joue au tempo lent. 

Le tempo lent nous donne plus de temps pour gérer les facettes nombreuses de l’exécution de la musique, c’est pour ça qu’il semble plus facile à faire en tempo lent qu’au tempo réel.

En même temps, on ne remarque pas des pièges qui vont se manifester dès que le tempo augmente.

La répétition du morceau au tempo lent solidifie les actions corporelles et cérébrales et celles deviennent de plus en plus difficiles à changer après.

Travaillez votre morceau partie par partie, mesure par mesure, s’il le faut, mais faites en sorte de les jouer au tempo réel avant de tenter d’exécuter le morceau entier.

n 2. Il faut pratiquer son instrument beaucoup pour exceller en technique. 

Quand on entraîne le corps, on n’entraîne pas forcément le cerveau. Surtout si la pratique devient répétitive, on a tendance à ne plus se concentrer sur ce qu’on fait.

Au lieu de s’entraîner, on commence à faire des choses machinalement et cela bétonne ce qui n’est pas correct ou optimal. Il faut chercher à créer la musique au lieu de jouer les exercices.

Clara Schumann, la femme du compositeur, elle-même pianiste très accomplie, était incroyablement créative à ce propos. On dit que ses concerts étaient une révélation pour ses collègues musiciens comme pour le public au niveau de la musicalité, de la passion et de l’humour, mais dans le programme il n’y avait  que les Études de Carl Czerny ! 

Cherchez la musique dans les exercices et rendez-vous compte que moins, c’est plus. La technique va se raffiner avec le temps, si vous le faites régulièrement. Mais il vaut mieux passer 10 – 20 – 30 minutes en faisant quelques choses de créatif que 5 heures d’une répétition machinale. 

n 3. La mémoire musicale et la dextérité corporelle se dégradent avec l’âge. 

Ni l’une, ni l’autre ne le font. Pourquoi, donc est-il plus difficile d’apprendre un instrument, si l’on n’est plus jeune ? Les raisons peuvent être différentes.

Par exemple, la méthodologie qui convient pour un jeune enfant ne s’applique pas directement à une personne adulte. De l’autre côté, on peut avoir l’impression de ne plus être assez réceptif, en ce cas il faut forcément chercher en soi pour retrouver la fraîcheur de la perception.

Le passé peut s’opposer aux nouvelles expériences, surtout les expériences alternatives, et intuitivement le corps se ressent en danger, quand on lui demande à faire de nouvelles choses.

La bonne nouvelle est que l’approche consciente de l’apprentissage peut contourner de telles résistances indésirables, tandis que l’expérience de l’âge, si elle est correctement appliquée, donne un grand avantage pour optimiser son travail et pour remplir la musique de sentiments profonds et matures. 

n 4. La lecture de partitions à vue et le déchiffrage sont difficiles. C’est normal de progresser lentement. 

Si on ne lit la musique que ponctuellement ou que l’on continue de jouer les morceaux qu’on connaît depuis toujours, le progrès devient en effet très peu visible.

Mais il n’est pas normal de progresser lentement. Cela nous prive de confiance et on perd l’enthousiasme pour continuer.

Pour optimiser le processus, il faut simplifier la tâche complexe de la lecture et acquérir la capacité de faire bien chaque facette — lecture en clefs, rythmes, compréhension de la notation musicale etc.

Chaque aspect en soi est relativement facile à apprivoiser, on n’a pas besoin d’années pour l’apprendre.

Ainsi, la lecture de partition devient facile, en fait aussi agréable que la lecture d’un texte et le vaste répertoire des nouvelles musiques devient tout à fait accessible.

n 5. ll faut travailler le problème de confiance en soi profondément ou appliquer des techniques psychologiques pour gérer les nerfs devant le public. 

Le stress nous attaque quand nous ne sommes pas sûrs de ce que nous faisons, c’est normal. Cela n’est pas comme d’être joyeusement excité dans l’attente d’une occasion importante.

Mais d’une manière ou de l’autre, s’il vous prend dans son étau, il vous devient très difficile de vous reprendre pour exécuter votre musique. La seule chose qui puisse vous protéger est l’expérience.

Développez votre propre code de spectacle — comment vous entrez, saluez le public, approchez votre instrument, jouez le morceau, comment vous vous levez après avoir joué ou chanté et saluez les spectateurs avant de sortir.

Répétez ce code jusqu’à ce que cela devienne votre deuxième nature. Quand vous montez sur scène pour de vrai, appuyez-vous sur le code dès que vous sentez que le stress commence à monter. Le travail psychologique sur la confiance est facultatif.     

6. Avant de penser l’interprétation, il faut d’abord apprendre le texte. 

L’interprétation d’un morceau de musique est une question de choix personnel. Chaque aspect est important — tous ce que vous décidez d’introduire selon vos préférences et votre goût.

Dès que vous approchez l’instrument, vous commencez à matérialiser l’interprétation et, si les choix ne sont pas faits à l’avance, vous risquez de créer une interprétation involontaire qui ne reflétera pas du tout ce que vous  voulez faire.

Certainement, les détails peuvent changer avec le temps, mais vous devez former l’idée de l’interprétation, ce que vous voulez faire avec le morceau et, non moins important!, ce que vous ne voulez pas faire, bien avant que le travail sur le texte s’achève.

Décidez le tempo, le style, le caractère, choisissez les sonorités et les touchés de votre morceau, tentez de jouer les thèmes principaux et les figures rythmiques prédominantes pour tester les résonances des différentes parties de la musique.

Ce travail vous facilitera beaucoup le travail avec le texte plus tard. L’interprétation se construit comme un bâtiment — les fondements, les porteuses, les décorations, etc.

7. Il faut utiliser le métronome pour maîtriser la pulsation et le tempo.

Souvent, le métronome fonctionne comme un bâton pour un boiteux.

Dès que le bâton n’est plus là, le boiteux ne peut plus vraiment marcher.

La maîtrise se trouve dans l’intériorisation du sens de la pulsation et du tempo. Il faut chercher à créer la pulsation et à définir le tempo au lieu de les suivre.

8. Pour maîtriser un passage difficile, il faut le répéter 500 fois. 

Non, les répétitions rendent votre travail moins conscient et favorisent la fixation des défauts de technique.

Pour entamer un passage difficile, examinez le passage à la loupe, localisez les jonctions, les pièges se trouvent toujours là.

Faites coller les notes en tête d’abord, le corps suivra après, pas l’inverse. 

9. Il faut apprendre un morceau du début jusqu’à la fin. 

L’exécution d’un morceau est une suite d’événements musicaux et émotionnels, c’est un enchaînement des exécutions des parties du morceau.

Ce n’est même pas la peine de tenter de jouer le morceau entier avant que vous soyez prêt à jouer les différentes parties du morceau en tempo réel et sans faute, parce qu’en ajoutant encore une dimension importante à contrôler (notamment les grandes lignes de l’interprétation), vous augmentez le stress et ne serez certainement pas capable de bien faire.

La chaîne va se casser dès que vous arrivez au chaînon faible. Comme avec les passages difficiles, enchaînez le tout en tête d’abord, puis le corps va docilement suivre le cerveau. 

10. Je ne suis que débutant (amateur) en musique. 

Mon travail est d’apprendre, ne pas penser à toutes les grandes choses comme la brillance de la technique ou l’interprétation.

Vous êtes musicien dès que mettez vos mains sur un instrument ou ouvrez la bouche pour chanter.

La différence entre vous et un musicien bien entraîné ne réside que dans les degrés de complexité du texte musical. Mais une mélodie simple appelle tout autant de considération et de respect qu’un concerto complexe et long.

Jean-Sebastien Bach ne dédaignait pas de ré-écrire les musiques à la main comme un simple copieur jusqu’à la fin de sa vie, tout en étant un grand maître reconnu.

Une petite berceuse sincère à son bébé peut être un chef-d’oeuvre aussi beau qu’une performance devant des milliers des gens. Osez vivre au niveau de votre rêve, soyez musicien, pas un élève !    

3 Comments

  • Caradec chantal

    janvier 31, 2016

    Merci pour vos excellents conseils qui me permettent d’améliorer mon apprentissage du violon au Conservatoire Claude Debussy de St Malo.

  • robert béland

    février 1, 2016

    MERCI POUR VOS CONSEILS ILS SONT PRÉCIEUX POUR LA PRATIQUE DE MON INSTRUMENT LE PIANO. AU REVOIR ET QUE DIEU VOUS GARDE!

    ROBERT BÉLAND

  • Marc Tremblay

    février 4, 2016

    Merci Katja de partager ton savoir et ton expérience, qui nous font gagner du temps dans notre progression avec la musique.
    Marc T.

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