La musique est partout autour de nous, il suffit juste d’écouter.

Souvent on me pose la question – mais comment fonctionne l’oreille absolue ?
Pourriez-vous le montrer en toute simplicité ?

Il n’est pas évident de montrer ce qui ce passe dans la tête au niveau de la pensée, mais j’ai essayé de trouver quelques exemples pour la démonstration et voilà…

Un jour, je roulais sur Paris et je suis arrêtée au feu rouge. En ce moment-là, j’écoutais à la radio The Ever Evolving Etude (L’étude perpétuellement évoluant) d’Avishaï Cohen.

Je reconnus la note autour de laquelle la mélodie est construite, le Do, mais écoutais la musique dans un plaisir pur, sans y analyser. La fenêtre de la voiture était ouverte.

Tout à coup, je me suis rendu compte que le moteur de la voiture à côté « chante » le même Do qui revient encore et encore dans la musique de Cohen.

Une nouvelle note se colla au Do, un La bémol, parvenu du carillon du midi de l’église d’Auteuil, un Sol d’un oiseau sur l’arbre, les La-Si-La-Si d’une sirène éloignée des sapeurs pompiers.

Une note amena une autre et en quelques seconde, je me suis trouvée enveloppée dans une musique qui unissait l’extérieur et l’intérieur, le naturel et l’artificiel, la ville et les gens, les enfants, les oiseaux, le bourdonnement indistinct du métro au-dessous et l’avion qui volait au ciel.

Je n’était pas dans un trans, mais mon état était aussi près de l’extase que je le savais.

En ce moment-là, j’ai découvert que ce que je percevais auparavant comme bruits, maintenant je peux transformer en musique.

Plusieurs ans se sont passés depuis et cela est devenu une habitude. Pour revenir à l’état d’écoute intégrale, parfaite, unie, il me suffit de lier à ma volonté une-deux-trois premières notes que j’entend autour de moi.

Du coup, un rythme surface, une structure sonore, un contre-point des voix.

Ce qui était autrefois une écoute fatigué, parfois gênée, s’est transformé en écoute alerte et consciente de la symphonie d’une grande ville ou du concert d’une forêt, du rondo d’une voiture du métro ou bien du burlesque d’une brasserie au coin.

L’oreille absolue arrange tout dans une orchestration magnifique d’ici et maintenant.

En vérité, l’oreille absolue fait beaucoup plus que les notes. Elle nous permet d’entrer dans l’écoute absolue ou, si vous voulez, dans l’écoute intégrale, qui change toute la perception du monde sonore autour de nous.

Il y a quelques ans, j’ai découvert un film, « August Rush », dans lequel les réalisateurs montrent d’une manière très juste comment cela fonctionne.

Je vous invite de l’expérimenter, en regardant deux vidéos de 2 minutes, avec Ewan, le personnage principale du film, qui vit dans l’écoute absolue.

« La musique est partout autour de nous, il suffit juste d’écouter » 

August Rush #1 – La musique de la nature

August Rush #2 – La musique de la ville

2 Comments

  • Gabrielle

    mars 27, 2018

    Merci Katja !
    C’est très vrai !

  • Blanc Didier

    mars 27, 2018

    Hello Katja
    Je ne connaissais pas ce film génial et j’étais juste en train de faire un » boeuf » avec ma machine à laver le linge
    sur une mesure à 7/4 géniale !!! Merci de nous avoir ouvert les oreilles à cette symphonie infinie et toujours accessible de chaque jour qui nous réunie tous !!

    Didier le jazzman
    (Meilleurs souvenirs du château de Bourgon )

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