Je toujours écoutais beaucoup de musiques différentes, nouvelles, moins connues… mais avec des années, j’avoue que ma collection des interprètes préférés de la musique classique se reconstitue de plus en plus lentement.

Après tout, il est difficile de marcher sur les pas de Glenn Gould, Jessye Norman, Jacqueline Du Prè.

Il y a quelques jours j’ai fait une merveilleuse découverte, la pianiste russe Varvara Myagkova.

Elle est diplômée du conservatoire de Moscou mais sa carrière de concertiste n’a pas vraiment démarré avant ses 40 ans.

En choisissant à sa jeunesse de ne pas poursuivre les chemins habituels du métier, elle restait l’enseignante d’une école modeste de musique et la mère de ses enfants.

En revanche, elle jouait ce qu’elle aimait et de manière qui lui plaisait.

Dans son interview Varvara disait que c’est l’immensité et la beauté de la musique qu’elle poursuivait sans arrêt toutes ces années.

Qui sait si Mlle Myagkova resterait dans sa bulle pour longtemps encore, mais, comme par hasard (si toutefois le hasard existe), le pianiste célèbre Boris V. Berezovsky entendit un enregistrement de la moscovite sur YouTube. Berezovsky était complètement boulversé par son jeu. Il disait qu’il ne croyait jamais entendre les interprétations de J.-S. Bach égales à l’originalité à celles de Glenn Gould, et la pianiste russe nous les offre.

Grâce à Berezovsky qui l’encourageait et la donnait un coup d’épaule à la promotion, Varvara Myagkova fait maintenant des récitals en Russie et en Europe.

D’ailleurs, je me souvient d’avoir vu une affiche de son concert à Nice, mais je ne connaissait pas le nom et je n’étais pas intéressée. Et combien j’avais tort !

Depuis quelques jours j’écoute ses enregistrements disponibles (hélas, il y en a assez peu) et mon oreille découvre à nouveau la polyphonie exquise de J.-S. Bach qu’entend cette artiste exceptionnelle.

Quelle belle surprise quand la musique qu’on connait depuis toujours du coup sonne autrement, ajoute d’autres dimensions, montre sa beauté de manière inédite et fraiche !

Et encore plus surprenant d’entendre cette même polyphonie dans les Sonates de Domenico Scarlatti, dans les études de Frédéric Chopin, dans les œuvre de Robert Schumann, dans les pièces excellentes des compositeurs contemporains russes.

Oui, elle le fait, elle écoute et elle nous y fait entendre la conduite complexe des voix différentes à la perfection.

Je vous propose d’écouter Varvara Myagkova et j’attire l’attention de votre oreille vers les points spécifiques de son jeu :

  • les voix différentes qui s’entrelacent
  • le contrôle impeccable du son
  • la passion et la délicatesse d’émotion, les nuances dynamiques

C’est la merveille dans chaque note, sans dire de plus.

Je vous laisse l’écouter ici :

 

 

 

 

 

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